les voyages dans l'espace altèrent la vue des astronautes!
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Pourquoi les voyages dans l'espace altèrent-ils la vue des astronautes ?
On connaissait déjà les effets de l’apesanteur sur la perte de masse musculaire ou la densité osseuse. Mais les vols spatiaux prolongés réservent une autre surprise, beaucoup plus méconnue : ils perturbent sévèrement la santé visuelle des spationautes.
Ce phénomène porte un nom scientifique : le syndrome SANS (Spaceflight-Associated Neuro-ocular Syndrome ou syndrome neuro-oculaire associé au vol spatial). Il touche entre 45 % et 75 % des astronautes réalisant des missions de plus de six mois dans la Station Spatiale Internationale.
Mais comment la microgravité réussit-elle à déformer l’œil humain, et pourquoi ne sommes-nous pas tous égaux face à ce phénomène ?
1. La microgravité : quand les fluides remontent à la tête
Sur Terre, la gravité attire naturellement le sang et le liquide céphalorachidien vers le bas du corps. En orbite, libérés de cette attraction terrestre, ces fluides remontent vers le haut du corps et s'accumulent au niveau du crâne.
Cette surpression céphalique constante vient comprimer la boîte crânienne et perturber directement l'anatomie de l’œil :
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Un gonflement du nerf optique : la pression du liquide autour du nerf provoque un œdème oculaire.
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Un aplatissement du globe oculaire : poussé par l'arrière, l'œil perd sa forme sphérique naturelle pour devenir plus plat.
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L'apparition de plis rétiniens : la membrane interne de l'œil se fronce sous la contrainte mécanique.
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Une presbytie subite : en s'aplatissant, l’œil devient plus court. Conséquence directe : les astronautes perdent la capacité de faire la mise au point de près et ont soudainement besoin de lunettes de lecture en plein vol.
2. Anatomie et génétique : pourquoi certains sont-ils plus touchés ?
Pendant longtemps, la microgravité a été désignée comme la seule responsable. Pourtant, les dernières recherches médicales révèlent de fortes disparités individuelles.
Deux facteurs majeurs expliquent pourquoi certains spationautes voient leur vision décliner tandis que d'autres sont épargnés :
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La structure anatomique : la taille du canal du nerf optique varie selon les individus. Un canal plus étroit laisse moins de marge de manœuvre au liquide céphalorachidien, augmentant la pression sur l'œil.
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Le métabolisme de la vitamine B : des variations génétiques (notamment sur les gènes MTRR et SHMT1) altèrent la façon dont l'organisme assimile les folates et la vitamine B12. Ces prédispositions rendent le système vasculaire oculaire beaucoup plus vulnérable aux changements de pression.
3. Comment la recherche prépare les futures missions vers Mars
Pour envisager des voyages plus longs (comme une expédition de plusieurs années vers la planète rouge), les agences spatiales comme la NASA travaillent sur plusieurs pistes de prévention :
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Pantalons à pression négative : des dispositifs portés pendant le sommeil pour réattirer artificiellement les fluides vers les membres inférieurs.
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Centrifugeuses embarquées : pour recréer une gravité artificielle de manière périodique.
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Compléments nutritionnels ciblés : des apports renforcés en vitamines B12 et B9 pour protéger les tissus vasculaires.
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Équipements optiques modulables : des verres correcteurs ajustables directement à bord pour compenser l'évolution de la réfraction.
Le saviez-vous ? Si vos yeux n'ont pas prévu de voyager en apesanteur de sitôt, les variations de pression, la fatigue visuelle et les modifications anatomiques liées à l'âge nécessitent un suivi régulier. Pensez à faire contrôler votre vue régulièrement en magasin !